Mon maître avait préparé son fauteuil pour lire. Mais le fauteuil me tendait les bras. Heureusement, au dernier moment, sa main a senti quelque chose, "quelque chose de gris"...
J'aurais été obligé de le griffer !
A peine a-t-il fini de manger chez nous que, tous les matins, Rouxy se précipite vers le bas du chemin, en direction de la route. Mon maître le surveille et le rappelle alors il s'arrête juste avant la dernière partie de la descente. Et souvent il fait semblant de regarder quelque chose pour foncer vers la route quand on ne le regarde plus.
Ah ces voitures ! Il paraît que l'essence est chère. Mais c'est pas vrai quand on voit la circulation qu'il y a et la vitesse à laquelle ils roulent ! Vroum vroum ! Vivement qu'il n'y ait plus d'essence. Ce sera le paradis pour nous les chats mais aussi pour les écureuils, les renards, les chiens, les chevreuils, les blaireaux…Tenez, écraser un blaireau, vous allez pas me dire qu'ils ne le font pas exprès ! Les cerfs, les sangliers et les vaches, ils freinent car ils ont peur pour leur carrosserie.
Même dans notre chemin j'ai failli me faire écraser. Il y a une pouf avec un énorme 4x4 qui vient de temps en temps. Son engin est tellement énorme et elle si petite qu'elle est incapable de voir ce qu'il y a sur le chemin à moins de 30 mètres. Elle devrait mettre un coussin de 30cm d'épaisseur sous ses fesses ! Heureusement que ma maîtresse était là et qu'elle s'est carrément jetée devant sinon… plus de Frimousse. J'étais tapi au milieu du chemin et je guettais un oiseau. Une pouf je vous dis !
Il a un problème, mon maître : moi.
Ou plutôt comment arriver à me faire prendre mes médicaments.
Ceux qui disent qu'il faut tenir le chat en portant de vieux vêtements et des gants de jardin, voire des gants pour "gros travaux", ne me connaissent pas, moi, Frimousse.
Ceux qui suggèrent d'enrouler le minet ou la minette dans une grande serviette de bain (usagée, bien évidemment) ne savent pas qui je suis non plus. Moi Frimousse, j'ai valu deux semaines d'arrêt de travail à mon maître une fois (la dernière) où il a essayé de m'attraper de force, alors !
Alors, bêtement, mon maître met les médicaments dans ma nourriture.
Il ne peut pas les mettre dans des croquettes bien sûr. D'ailleurs les croquettes, pour moi, c'est comme le chocolat devant la télé pour les humains : une friandise. J'en mange ou j'en mange pas. C'est selon – selon les humeurs de Frimousse, bien sûr. Donc pour les médicaments qui doivent être pris régulièrement, c'est râpé.
Tigri et moi on n'aime pas les morceaux. On veut des mousses (Champion) ou des mousselines (Gourmet). Mais pas n'importe lesquelles ! On en a assez des boîtes vertes (à gauche) de mousse de canard, mousse de dinde aux champignons. On veut de la mousse de saumon ou à la rigueur de sole (à droite). Mais les mousses sont conditionnées par quatre et il y en a donc deux (la moitié) qu'il peut se garder, mon maître. Il a qu'à les stocker et les emmener au refuge de la SPA quand il y en aura beaucoup. Chez Gourmet c'est pire! Y'a plus que la mousse de foie que je mange – et encore ! Alors il n'achète plus que les mousses Champion.
Il paraît que bientôt j'aurai un médicament de plus. Une tisane faite avec du lait : le bouillon blanc. Je me demande bien comment il va s'y prendre pour me faire avaler ça! Les gants de jardin, la serviette de bain ? Laissez-moi rire !
Ça y est ! Vous êtes contents ? Vous me faites tousser !
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